Les enjeux d’un constat partagé
Alors que commence la campagne des municipales, nous constatons tous la quasi-absence de débats sur ce sujet dans la sphère politique, alors que les principales questions, dont celles que nous avons abordées, ne peuvent trouver de réponses locales durables et équitables sans vision et décisions prises démocratiquement à bien plus grande échelle.
Le changement climatique à lui seul démontre la nécessité d’un changement d’échelle de pensée : le climat se joue en effet des frontières de nos collectivités locales, y compris pour une bonne part régionale. Les risques climatiques nécessitent donc de repenser les politiques d’aménagement en ayant une conscience claire des réalités géographiques et climatologiques à grande et même à très grande échelle.
Comme l’a souligné Frédéric Gilli, c’est comme si la sphère politique n’avait pas conscience de notre sujet, voire redoutait, ou se sentait déstabilisée en en parlant.
L’occultation de ce débat, qui a occupé une place centrale entre 2001 et 2014 à Paris et dans les départements voisins, est en fait révélatrice d’une situation désormais bloquée, voire verrouillée par l’accumulation dans le temps de niveaux politico-administratifs aux contours ajustables en fonction des sujets considérés (Région, Métropole, départements, intercommunalités, communes) et obéissant à des logiques de gestion et d’investissement qui leur sont propres et qui souvent se superposent.
Dernière-née du mille-feuilles administratif, l’actuelle Métropole du Grand Paris, créée statutairement en 2016, n’est pas à la hauteur des espoirs qui ont prévalu à sa naissance, tant du fait de la faiblesse de son budget propre que de ses domaines de compétences trop limités, de ses limites territoriales trop restreintes et de son absence de vision partagée.
Pour l’heure, l’illisibilité des votes directs ou indirects à tous les échelons obscurcit les enjeux et ne répond pas au besoin de démocratie.
Il importe de se mobiliser et d’agir
Laisser les choses en l’état, ce que d’aucuns appellent l’« anarchie métropolitaine organisée »[2], c’est accentuer les inégalités sociales, territoriales, fiscales et ne pas se donner les moyens d’une transition écologique et solidaire pour une agglomération de rang mondial de plus de dix millions d’habitants.
Les enjeux, d’abord démocratiques, sont de taille ! Dans cette période lourde d’incertitudes, ils nous obligent collectivement. C’est le chemin que nous souhaitons poursuivre et approfondir avec vous.
Que faire dans les prochains mois ?
Au-delà des thèmes abordés le 4 novembre, deux sujets fédérateurs, susceptibles d’être entendus par le plus grand nombre ont émergé dans les débats :
- La thématique de la justice (sociale, fiscale et territoriale), l’accès et l’amélioration des services publics piliers de la République – l’éducation et la santé – sont apparus comme une entrée permettant d’englober et d’éclairer l’ensemble des problématiques.
- Il en est de même pour la question transversale du rapport de Paris-Grand Paris au monde : tourisme/surtourisme, accueil des étrangers/migrants, étudiants/jeunes professionnels, recherche/innovation.
Notre souhait est d’élargir le cercle du collectif Tous Grands Parisiens aux jeunes, à des acteurs de terrain, des élus, des associations, des chercheurs, d’être très attentifs aux mouvements et luttes locales et aux nombreuses forces créatives du grand Paris. Nos moyens actuels nous incitent à rester modestes mais audacieux et à privilégier l’efficacité d’ici mars 2026.
